• Portrait Mavie Maher – « Quand la science politique mène au cinéma »

    Publié le 20 février 2013

    Diplômée de la FESP en 2007, Mavie Maher ne perd le temps pour répondre à son autre passion, le cinéma ! Aujourd’hui journaliste, chercheuse en science politique et réalisatrice, elle partage avec nous sa fabuleuse expérience.

    Quel a été ton parcours depuis l’obtention de ton diplôme en 2007 ?

    En 2007, j’ai commencé en tant que journaliste à Al-Ahram Hebdo et je le demeure. Un an plus tard j’ai obtenu mon diplôme de journalisme de la Faculté de communication en coopération avec le centre de formation et de perfectionnement des journalistes de Paris. Et j’ai tout de suite démarré ma carrière de réalisatrice en tant qu’assistante. Puis, j’ai réalisé trois courts métrages entre 2010 et 2012. Maintenant, je suis en train de préparer mon premier long métrage tout en suivant mes études de Magistère à la FEPS qui porte sur la relation entre politique et Cinéma.

    Comment t’es-tu dirigée vers le cinéma ?

     C’était une passion et un rêve d’enfance. Je me souviens, j’avais 11 ans lorsque j’ai vu « Le destin » de Youssef Chahine, un film, qui m’a complètement bouleversée et influencée. En grandissant j’ai décidé de faire de la science politique pour devenir plus tard une réalisatrice capable de traiter des sujets de manière approfondie. L’étude des sciences politiques rend en effet l’homme capable de réfléchir, d’analyser et de critiquer. Ensuite en tant que journaliste à Al-Ahram Hebdo, j’ai réalisé un entretien avec Khaled Youssef. C’est comme cela que j’ai fait connaissance de ce célèbre réalisateur dont je suis devenue l’assistante.

    Comment la Filière a-t-elle contribué à tes choix professionnels ?

    La Filière m’a offert la formation nécessaire pour travailler à la fois en tant que réalisatrice et journaliste. Mes années d’études à la Filière m’ont permis d’acquérir les compétences nécessaires en matière de communication, de réflexion et d’analyse indispensables pour mon travail. En préparant mes scenarios et métrages, je tiens à ce qu’ils soient toujours profonds, proches de la réalité et capables de refléter les problèmes de la société. Et la Filière m’y a bien préparé.

    Peux-tu nous parler davantage de ton métier de réalisatrice ?

     Etre réalisatrice c’est être créateur. Pour moi, c’est une passion ultime, une vocation et une mission de participer à augmenter la conscience des gens en partageant avec eux mes idées et pensées à travers les films. C’est la magie du cinéma de permettre à ses fabricants de communiquer avec des gens et de les influencer sans jamais les voir. C’est le fait de vivre et de revivre à travers tes films dans l’esprit et la conscience de tes spectateurs et de continuer à les influencer même après ta mort.

    Tu étais directrice du comité visuel de la campagne électorale de Hamdeen Sabahi entre février 2010 et mai 2012, peux-tu nous parler de cette expérience?

    L’expérience était riche, unique et particulière. Je suis devenue membre de sa campagne avant la révolution. Comme j’étais chargée de la réalisation des vidéos et de la diffusion d’une image positive de Hamdeen Sabahi j’ai pu faire le tour de toute l’Egypte, d’être en contact direct avec toutes les classes, différents groupes et communautés de la société égyptienne. Cela m’a enrichi sur les plans personnel et professionnel. Tout ce travail était une vraie source d’inspiration pour mon premier long métrage.

    Comment évalues-tu le rôle du cinéma dans la transmission de notre réalité quotidienne ?

    Récemment, le cinéma constitue un élément très important dans cette affaire. Et c’est exactement le but après la révolution. Si on cherche à faire triompher les valeurs et les objectifs de la révolution, on doit énormément travailler sur la sensibilisation des citoyens au sujet de leurs droits et de leurs devoirs.

    En tant que journaliste et réalisatrice que penses- tu de la liberté d’expression en Egypte après la révolution ?

    La liberté d’expression après la révolution est de plus en plus menacée. Pourtant, notre génération n’acceptera pas facilement d’être manipulée ou oppressée. Il y aura plus de combat sur ce sujet. Néanmoins, on a besoin de longues années pour semer ces normes démocratiques dans notre société qui a souffert pour longtemps de l’oppression. C’est en cela que je vois un rôle très clair et indispensable du cinéma.

    Entretien recueilli par Nahed Alaa Shalan