La Coupole à la Une

La Coupole 93  – Février 2016

Sortie du derniLacoupole93 21 fev_Page_01er numéro de La Coupole. Vous pourrez y lire l’interview de Yasmine Farouk, maître de conférences en science politique à l’Université Caire de retour d’un séjour scientifique à l’Université de Yale, l’analyse des élections législatives égyptiennes par Nourane Helmy, le portrait de Habiba Hosny, consultante pour l’OIT, et le point de vue de Mahi El Attar, 4e ECO qui a participé à la COP 21 à Paris en décembre 2015.

 

 

 

 

 

L’INTERVIEW

 

Yasmine FaroukYasmine Farouk, maître de conférences en sciences politiques à l’Université du Caire et spécialiste en relations internationales et politiques étrangères des pays du monde arabe, nous raconte dans cette interview son expérience d’enseignement aux Etats-Unis à l’Université de Yale.

Pouvez-vous vous présenter, nous parler de vos parcours académique et professionnel?

J’étais étudiante à la filière entre 2000 et 2004. En 2004 je suis partie faire mon master de relations internationales à Sciences Po Paris. C’est à ce moment là que j’ai décidé de faire un doctorat dans la même spécialité. En 2004 également j’ai obtenu un poste d’enseignante à la faculté. J’ai fini mon doctorat en 2010 et je suis rentrée au Caire. J’ai commencé tout de suite l’enseignement à la filière francophone (cours d’introduction à la science politique, théories des relations internationales, histoire des relations internationales et politique étrangère) et j’ai également enseigné à la filière arabophone. Parallèlement et pendant deux ans j’ai travaillé comme conseillère au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). J’ai aussi travaillé pour le gouvernement égyptien dans un centre de recherche qui s’appelle « le Centre du Contrat social ». Un an après, en 2014-2015, je suis partie aux Etats-Unis avec une bourse Fullbright pour faire des recherches de post-doctorat à l’Université de Yale. J’ai travaillé sur le même sujet que celui de ma thèse de doctorat mais en développant le cadre théorique.

Là, je suis rentrée au Caire et pour le moment je me concentre sur la recherche et sur l’enseignement à la faculté.

Sur quoi a porté votre sujet de thèse?

J’ai travaillé en doctorat sur les politiques étrangères de l’Egypte, de l’Arabie Saoudite et de la Syrie après l’intervention américaine en Irak, sous la direction de Betrand Badie que j’ai connu en tant que professeur-visiteur à la Filière. J’ai analysé comment ces pays ont géré les contraintes internes et externes pesant sur leurs politiques étrangères alors que ces contraintes les orientaient parfois à des actions contradictoires. Lire la suite…

 ACTU MEDIA

 

Le nouveau parlement : façade législative consolidant le pouvoir présidentiel

 

Nourane HelmyNourane Helmy, diplomate et docteure en sciences politiques de l’IEP Grenoble, enseignante associée à l’université du Caire et du milieu délibératif égyptien, discute dans cet article les premières élections législatives en Egypte depuis la destitution des frères musulmans du pouvoir.

« Les élections parlementaires qui ont débuté le 18 octobre dernier représentent les premières élections depuis celles de 2012, qui avaient donné la majorité aux Frères musulmans. Ces derniers ont été écartés de ces législatives, tout comme certains opposants laïques d’ailleurs. Ces élections marquent la troisième et la dernière étape de la « feuille de route » du Président Al-Sissi. » 

Après une constitution en janvier 2014 puis son élection à la présidence en juin 2014, l’Égypte a ouvert en octobre l’élection de son Parlement. Quatre ans après la révolution qui a écarté Hosni Moubarak du pouvoir, ce scrutin marque le retour probable à un parlement docile avec une opposition réprimée d’autant plus que la plupart des principales forces d’opposition qui ont mené la révolution en 2011 ont disparu de la scène politique égyptienne. La loi électorale elle-même a été forgée pour empêcher l’émergence de forces contestatrices. En effet, parmi les 596 sièges 75 % sont disputés par des candidats individuels, 20 % par des listes et 5 % sont attribués par le Président. Un système qui favorise les figures politiques fortunées, bien implantées localement, en particulier celles issues de l’ancien régime de Moubarak. Lire la suite…

 

 

PORTRAIT

Habiba HosnyHabiba Hosni Ezz, diplômée de la filière en 2009. Elle commence sa carrière professionnelle dévouée à la promotion de l’éducation technique et professionnelle en Egypte qui d’après elle, changera le paysage économique et sociale de l’Egypte.

Vous êtes diplômée du département de science politique de la filière en juillet 2009, qu’avez-vous fait par la suite ?

J’ai commencé ma carrière professionnelle au lendemain de l’obtention de mon diplôme. Ainsi en 2009 j’ai travaillé pour deux ONG égyptiennes, « Masr El-Mahroussa » et « Arab Women Investors Union » respectivement en tant que chercheure et responsable du bureau des relations publiques. J’ai donc décidé d’ajourner un peu mes études supérieures parce que je suis convaincue que faire un master peut être plus efficace après une période de travail professionnel qui permet d’ouvrir l’horizon sur ce qu’on veut faire dans la vie. La recherche d’un travail était pour moi prioritaire et plus importante que la sélection d’un master. En 2010 j’ai fini par travailler au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), en tant qu’assistante au programme « gouvernance de l’eau ». Cela a été le véritable point de départ de ma carrière professionnelle dans le domaine du développement. Au bout d’un an et demi, j’étais prête à reprendre mes études et j’ai décidé de me spécialiser en politique publique en choisissant le Master professionnel « Action publique, action sociale, volet « Economies et sociétés » de l’Université Paris Ouest Nanterre. A mon retour en Egypte, j’ai repris ma carrière professionnelle en janvier 2014 en travaillant pour GIZ Egypt (Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit), puis en octobre 2014 à Transparency International et actuellement je travaille pour l’Organisation internationale du Travail (OIT) mais également pour le PNUD. Lire la suite…

ETUDIANTS – VOUS AVEZ LA PAROLE!

 

Mahi El Attar

Mahi ElAttar, étudiante en quatrième année à la filière francophone, partage avec nous dans cet article son expérience d’une semaine à la conférence internationale sur le changement climatique (COP 21) qui a eu lieu à Paris en décembre 2015.

« Il ne sert à rien à l’homme de gagner la Lune s’il vient à perdre la Terre.» François Mauriac (1885-1970). Et c’est effectivement pour ne pas perdre la terre que la conférence sur le changement climatique (COP21) a eu lieu à Paris en Décembre 2015.

En effet, deux sujets sont récurrents lorsqu’on étudie l’économie et la science politique : les effets négatifs de la croissance économique sur l’environnement et différents accords internationaux, qu’ils soient efficaces ou pas. Participer à la COP21 à Paris, début décembre 2015, été une opportunité exceptionnelle d’observer ces deux thèmes. Tout a commencé début 2015 lorsque l’Institut Français d’Egypte (IFE) a proposé de lancer une simulation étudiante de la COP21, en coopération avec les plus grands modèles de simulation de la FESP, ALMUN (simulation des Nations Unis) et ImEU (simulation de l’Union Européenne).  Lire la suite…