• Interview Hala Abou-Ali

    Publié le 20 février 2013

     

    Superviseur académique de la FESP depuis 2012 Hala Abou-Ali nous présente son parcours académique et professionnel et nous livre ses projets pour la FESP.

     

    Pouvez-vous nous donner un aperçu de votre parcours?

    Après avoir été diplômée de la FEPS en tant que major de promotion, j’ai eu la chance de faire ma thèse en économie de l’environnement à l’Université de Göteborg en Suède.  J’ai rejoint l’Economic Research Forum en 2008 sur une base à temps partiel pour mener des travaux en économie de l’environnement dans la région MENA. Mes domaines de spécialisation sont l’économie de l’environnement et l’économie du développement. J’ai accumulé une expérience dans la valeur économique des ressources environnementales dans les pays en développement, avec une attention particulière pour les questions liées à la pollution de l’eau, la pollution atmosphérique et la dégradation des terres agricoles. J’ai également travaillé sur des questions telles que l’évaluation de l’impact des investissements, l’évaluation de la pauvreté et les Objectifs du Millénaire pour le Développement pour la Banque mondiale et le PNUD.

     Quelle est votre évaluation générale de la Filière?

    Généralement, on peut dire que la Filière possède de nombreux atouts. Notamment depuis 2010, la Filière offre à ses étudiants la possibilité d’obtenir un double diplôme en économie et depuis cette année un double diplôme en science politique. De plus, la Filière participe très activement à l’obtention de bourses d’études supérieures. Par ailleurs, il faut également faire une autocritique et déduire les points négatifs pour les éliminer. On peut dire que le point négatif le plus important est la diminution du nombre de cours enseignés en langue française vers la fin des années d’études.

     Quelle(s) réforme(s) envisagez-vous pour la FESP ?

    En coopération avec la doyenne de la Faculté, plusieurs démarches ont été entreprises pour la mise en place d’un comité de pilotage en vue d’institutionnaliser l’administration de la Filière. Aussi à partir de l’année prochaine le nombre des cours enseignés en arabe sera limité à deux cours par an. Par ailleurs, dans le but d’exposer les étudiants à différents écoles de pensée, un enseignant ne pourra dispenser plus de deux cours par promotion. Enfin, un travail intense est en cours pour offrir aux étudiants un M2 en économie en partenariat avec l’université Paris 1.

     Et quels sont les défis les plus importants ?

    Notre défi principal est la limitation des ressources, non seulement en terme de budget mais aussi en terme de nombre d’enseignants francophones et de disponibilité des ressources matérielles comme par exemple le manque de salles de cours, l’espace exigu du centre de documentation et l’accès encore faible aux ressources en ligne.

      » Il serait intéressant de mêler les aspects   théoriques et pratiques de l’enseignement« 

    Comment voyez-vous le rôle de la Filière dans la vie pratique ?

    Pour être honnête, je peux dire que la Filière forme plutôt des chercheurs que des diplômés capables de faire face aux exigences du marché du travail. Le contenu des cours se focalise essentiellement sur l’aspect théorique des matières enseignées à la Filière. Il faut toutefois mentionner que la Filière essaye d’orienter les étudiants et les encourage à faire des stages à travers notamment la participation à des forums d’emploi.

    Comment peut-on animer ce rôle d’insertion dans la vie active ?

    Je pense que nos étudiants ont tous les outils nécessaires pour faire face à la vie pratique mais qu’ils ne savent pas comment les employer. C’est pourquoi il serait intéressant de mêler les aspects théoriques et pratiques de l’enseignement. Cela signifie une réforme du contenu des cours et des méthodes d’enseignement. Par exemple je propose d’augmenter la participation de professionnels qui sont plus en contact avec la vie pratique et d’organiser des ateliers de travail. Je suis donc positive sur le futur de la Filière.

    Entretien réalisé par Nahed Alaa Shalan