• Ghaidaa Kotb – « Nouveau regard sur le développement communautaire »

    Publié le 24 février 2014

    GhaidaaGhaidaa Kotb, étudiante en 2eSCPO  à la Filière, connue pour son dynamisme et sa passion pour les questions humanitaires et sociales, nous raconte dans cet article son expérience de travail dans le développement communautaire.

    « J’ai cette croyance que chaque personne que je rencontre m’offre une nouvelle perspective et qu’une partie de moi me quitte à chaque pays que je visite… »

    Passionnée par toutes les questions humanitaires, m’engager dans le développement communautaire est devenu ma mission de vie. Le terme de développement communautaire m’a beaucoup perturbée. Je ne l’ai vraiment compris qu’en travaillant auprès de plusieurs ONG. Pour moi le développement communautaire participe au développement durable avec de nombreuses entrées juridiques, humanitaires, sociales, économiques pour répondre aux besoins des plus démunis sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins[1].

    J’ai commencé à travailler avec « Alashanek ya bablady » et cela a été un tournant dans ma vie. Cette ONG vise au développement durable à « Ezbet Abu Qarn », un quartier informel du vieux Caire.  Notre travail consistait à sensibiliser les gens politiquement sans polarisation, à les aider financièrement, à aider les enfants et à leur apprendre à lire et à écrire. Plus tard, j’ai réalisé que ce qu’on faisait rend les gens dépendants ! J’ai alors commencé à considérer le développement communautaire avec un nouveau regard et plus récemment  à travers des yeux indiens.

    J’ai en effet eu l’opportunité de participer l’été dernier à un projet d’autonomisation des filles dans les espaces informels en Inde, dans le cadre des missions annuelles organisées par AIESEC. En Inde, plus précisément à Hyderabad, notre mission principale était de participer à des campagnes de sensibilisation auprès des écoles publiques sur le sujet de l’autonomisation des femmes dans les sphères publiques et informelles. Notre but était d’apprendre à ces jeunes filles -âgées de 13 ans en moyenne- leurs droits et devoirs en tant que citoyennes à pieds d’égalité avec les hommes, et comment devenir des citoyens influents  dans la société en se débarrassant de la culture conservatrice qui traite souvent les femmes comme un être de second degré. Nous nous sommes rendus dans plusieurs écoles publiques et nous avons été impressionnés par le niveau d’aisance en anglais et par les réactions des jeunes filles. C’est l’école « Kendriya Vidyalaya Sangathan » à Hyderabad, Trimulgaruy, qui m’a le plus marquée et notamment, l’une de ses élèves, la très courageuse Rachilinda. Alors que nous étions en train de présenter les droits civiques elle nous a interpellés en disant : »nous avons besoin avant de connaitre nos droits civiques, de savoir comment ceux-ci vont être protégés. Nous, citoyens indiens, nous souffrons de la corruption de la police et par conséquent la déclaration de nos droits civiques n’a aucune importance ! « . Elle avait raison ! Je me suis alors demandé si notre rôle est uniquement de leur ouvrir les yeux sur des sujets qu’ils ne réalisent pas! Ma vision de l’’entrée humanitaire et juridique du développement communautaire a complètement changé et j’ai eu une idée plus précise de ce que je veux faire. Les maladies sociales et communautaires sont nombreuses : les préjugés, la classification, l’ignorance, le manque de sensibilisation politique, le manque d’éducation des plus défavorisés, le manque d’acceptation, l’absence de culture de dialogue…Je pense que mon rôle est de participer à essayer de les éliminer progressivement à travers des ateliers de sensibilisation politique ou sociale. L’Inde m’a transmis une passion, l’amour de continuer ma nouvelle mission, et Rachilinda m’a inspirée à devenir  plus concentrée et mieux orientée. Si j’ai laissé quelque chose à ce pays, je crois que c’est la superficialité et la désorientation.

    Je suis entrée dans le domaine du développement en pensant que je changerai en mieux la vie des gens. En réalité ce sont les gens qui ont changé ma vie. Chaque personne que je rencontre m’apprend quelque chose de nouveau et m’influence positivement. J’ai beaucoup bavard, chers lecteurs, et pour conclure, j’aimerais vous inviter à vous vous impliquer dans vos sociétés et communautés. Je vous assure que votre regard sur la vie changera effectivement.




     [1] Pour plus d’information sur le développement communautaire je vous recommande ce lien : « Le développement communautaire, un concept, une histoire, des valeurs », http://www.fdss.be/uploads/TravailSocialDevComm/TravailSocEtDevComCombo.pdf